UIPP - Union des Industries de la Protection des Plantes

Campagne Léa Nature sur les Perturbateurs Endocriniens

15 décembre 2016

Le débat autour des Perturbateurs Endocriniens (PE), s’il est nécessaire, voit se multiplier des initiatives toujours plus excessives.

Dernière en date, la campagne de la Fondation Léa Nature – Jardin Bio, soutenue par Générations Futures.

Plutôt que de créer les conditions favorables d’un débat scientifique transparent sur les PE, cette campagne reste dans la ligne militante d'organisations ayant vocation à remettre en cause des produits chimiques par tous les moyens

Une campagne réductrice qui nourrit une perception totalement biaisée des perturbateurs endocriniens avec des accusations scientifiquement infondées.

Il est évident qu’une substance présentant des propriétés avérées de perturbation endocrinienne, à des niveaux réalistes d’exposition, doit être substituée. Cela suppose la mise en évidence d’effets néfastes et d’un lien de causalité avec un mode d’action lié à la perturbation endocrinienne. Mais également la prise en compte de la puissance des effets de chaque substance, notre exposition à celle-ci, la sévérité et la réversibilité ou non des effets sanitaires.

L’UIPP souhaite rappeler les trois points essentiels permettant d’appréhender de manière pertinente le sujet des perturbateurs endocriniens. 

1.    Une substance en interaction avec le système endocrinien n’est pas nécessairement un perturbateur endocrinien.

En suivant la logique de Léa Nature nous pourrions rajouter à leur liste de substances nocives le café, lesucre, l’alcool, les protéines des œufs ou du lait, mais également le paracétamol ou encore la pilule contraceptive Bref, toutes les substances naturelles et de synthèse qui interagissent quotidiennement avec notre système hormonal sans toutefois le « perturber », car notre exposition n’y est pas excessive.

2. Les produits phytos utilisés en France sont sûrs  

Si l’on considère le secteur des phytos en particulier, tous les produits ayant des effets néfastes avérés ont déjà été retirés du marché. En effet, l’évaluation systématique et indépendante, menée avant toute autorisation de mise sur le marché, inclut déjà l’étude toxicologique des principaux effets hormonaux (tests à faibles et fortes doses, à court et long terme, sur plusieurs générations, etc.), selon les exigences de la Commission européenne, de l’Efsa et des États-membres, dont la France. Nous intégrerons bien sûr les critères d’évaluation des PE lorsqu’ils seront validés par la Commission Européenne.  

3. L’objectif partagé par tous est de préserver la santé publique et environnementale, et de continuer d’assurer un haut niveau de protection sur le sol européen.

L’UIPP est en faveur de la sélection de critères essentiels pour déterminer si les substances représentent ou non un risque inacceptable pour l’homme aux niveaux avérés d’exposition. Etnotamment pour les populations les plus sensibles (femmes enceintes, nourrissons, personnes âgées).

Une telle démarche permettrait de définir une seule catégorie de perturbateurs endocriniens : ceux qui sont avérés. Toute autre sous-catégorie entrainerait immanquablement des confusions dans l’esprit des consommateurs, et cela sans bénéfice pour la santé publique.

Il est indispensable de dépassionner le débat et de le déplacer de la sphère médiatique à la sphère scientifique, permettant aux autorités compétentes d’établir les meilleures décisions politiques et le cadre réglementaire le plus strict en faveur des consommateurs.

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