UIPP - Union des Industries de la Protection des Plantes

En grandes cultures, l’arrêt du glyphosate coûte de 4 à 80 €/ha selon le travail du sol

19 juin 2020

L’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) a conduit une étude sur l’impact économique de l’arrêt du glyphosate en grandes cultures. Les conclusions de ce travail, mené à la demande du Premier ministre et des ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique et solidaire dans le cadre du plan de sortie du glyphosate, ont été présentées le 9 juin. Sans cette molécule, les exploitations de grandes cultures verraient leurs charges augmenter de 4 €/ha pour les situations en labour systématique et jusqu’à 80 €/ha pour celles en semis direct. Le surcoût des alternatives à l’utilisation du glyphosate est directement lié aux stratégies de travail du sol. En techniques culturales simplifiées, la hausse du poste désherbage revient à 25 €/ha, contre 9 €/ha en cas de labour occasionnel et 6,5 €/ha en cas de labour fréquent.
L’institut précise que la taille des exploitations et les caractéristiques pédologiques des sols sont très liées à ce recours plus ou moins fréquent au labour et donc à l’utilisation actuelle de glyphosate. Aujourd’hui, près de 37 % des surfaces des exploitations dont la SAU dépasse 350 ha ne sont pas labourées. Cette part de surfaces non labourées est autour de 20-25 % pour les exploitations de 150 et 350 ha, et de moins de 14 % pour les fermes dont la taille est inférieure à 50 ha. Enfin, environ 24 % des surfaces à sols superficiels reçoivent du glyphosate, contre seulement 18 % des surfaces à sols profonds ou semi-profonds.