UIPP - Union des Industries de la Protection des Plantes

L’invité de l’UIPP #3 Regards croisés sur l'Open Agrifood

07 décembre 2015

À l’occasion de la deuxième édition d’Open agrifood Orléans, l’UIPP, partenaire de l’événement, revient sur la contribution de ses adhérents à ce grand forum « Alimentation et citoyenneté ». 

Les différents groupes de travail auxquels les adhérents de l’UIPP ont participé avaient pour objectif principal de faire émerger des solutions et des projets visant à engager le modèle agroalimentaire français dans une démarche de progrès.

Stéphane Dislaire, Responsable de la communication chez Bayer CropScience, et Christophe Zugaj, Responsable de la communication chez De Sangosse, ont participé à deux groupes de travail distincts. Ils répondent à nos questions. 

L’événement Open agrifood 2015 s’est terminé il y a peu, en quoi consistait cette deuxième édition ? Qu’en avez-vous retenu ? 

Stéphane Dislaire : La plupart des sujets et des pistes de réflexions abordés à l’occasion d’Open agrifood avaient pour objectif principal d’approfondir et de formaliser la contribution des filières agricoles et agroalimentaires pour répondre aux attentes des français en matière d’alimentation-santé. Lors de la 2éme journée et à l’approche de la COP21, un focus a été également mis sur la contribution de ces filières à la lutte contre le réchauffement climatique. L’événement était surtout une excellente opportunité pour impliquer et faire collaborer un grand nombre d’acteurs issus de ces filières. La pluridisciplinarité qui constituait les différents groupes de travail mis en place est un des grands points positifs de cette deuxièmeédition.

Si certains ont pu connaître des divergences de points de vue, tous les acteurs concernés ont prouvé leur capacité à travailler main dans la main autour de problématiques collectives. Ainsi, nous avons pu faire émerger des axes convergents pour porter d’une seule voix un discours et des projets communs. Une démarche fédératrice observée pendant toute la vie des groupes de travail (qui ont démarré il y a plusieurs semaines) et pendant les deux jours de l’événement.

Christophe Zugaj : L’agriculture est une activité économique à qui on demande souvent tout et son contraire… D’un côté, les français consacrent de moins en moins de moyens à leur alimentation, de l’autre, les agriculteurs font face à de plus en plus de contraintes et la ferme France perd des parts de marché à l'international. Dans un tel contexte, Open agrifood est l’occasion de placer l’agriculture et l’alimentation au cœur des débats et pouvoir discuter entre acteurs professionnels et avec toutes les parties prenantes de la filière. Les producteurs, les transformateurs, les distributeurs, les prestataires de service ont travaillé autour des mêmes enjeux, du « champs à l’assiette », pour relever les défis sur lesquels nous sommes attendus.  

Au travers de différents ateliers, chaque groupe de travail avait pour mission de proposer des projets au jury d’Open agrifood. Quelles sont les pistes concrètes sur lesquelles vous avez pu travailler ?

SD : Le groupe de travail auquel j’ai contribué avait pour but de développer des propositions répondant aux nouvelles attentes des ‘consommacteurs’. J’ai eu l’occasion de travailler essentiellement autour d’un projet consistant en une plateforme pédagogique d’information intitulée « Au cœur de nos produits ». Pour développer cette idée, nous sommes partis d’un constat simple : d’une part, des consommateurs qui sont en quête de transparence, d’autre part, des filières agricoles et agroalimentaires qui veulent combattre les idées reçues sur leurs métiers. 

Le dispositif « Au cœur de nos produits » consiste donc à construire une plateforme de communication et de diffusion de contenus sur la réalité agricole et agroalimentaire. Cela pourra passer par l’élaboration d’un site web dédié mais aussi via d’autres points de contact établis entre les filières alimentaires et le grand public, lors d’événements par exemple. Si le consommateur cherche à reconstituer un lien avec ses agriculteurs et ses producteurs, ces derniers cherchent à regagner leur confiance et retrouver la fierté d’exercer leurs métiers. Se construire une image plus positive et surtout recréer de l’attractivité pour nos métiers est indispensable.

Il est de notre devoir de répondre à ces besoins. À nous, acteurs responsables et engagés, de montrer et d’expliquer aux consommateurs que notre agriculture et nos industries sont bien loin de la vision passéiste que certains s’en font. Non, nos métiers ne sont pas synonymes de production intensive ou d’activités polluantes comme elles peuvent parfois être dépeintes dans les médias. Le projet « Au cœur de nos produits » a été présenté et retenu par le jury de l’événement. Il figure dans la short-list finale, aux côtés de 7 autres propositions. Il a donc des chances de se concrétiser. 

CZ : J’ai participé au groupe intitulé « Avancer avec l’agro-alimentaire 3.0 » au sein duquel nous avons travaillé autour de l’utilisation que font les filières alimentaires du numérique.  L’un des objectifs consistait à identifier les leviers et les outils digitaux envisageables pour partager entre professionnels ou avec la société civile, les connaissances, les innovations et les expérimentations développées par la filière.

Comment intégrer les nouvelles technologies pour informer au mieux les consommateurs ? Comment répondre aux questions de sécurité sur les données partagées entre professionnels du secteur,  de la semence jusqu'au produit fini, en passant par toutes les données relatives a la production, au stockage et à la transformation du produit ? Comment utiliser le Big data de façon pédagogique ? Comment mettre en place des systèmes garantissant la sécurité et protection de ces données ? Telles étaient les questions auxquelles nous avons tenté de répondre au travers du développement de plusieurs projets consistant à créer des outils de collecte et de partage d’informations prenant en compte la réalité et l’impact du numérique. Parmi les projets proposés par notre groupe, je retiens notamment :

  • Une plateforme de start-up agricoles. Très dynamiques, elles sont de plus en plus nombreuses à élaborer des outils de type drones, OAD, systèmes de mesure… Il semblait nécessaire de répertorier toutes ces jeunes entreprises au sein d’une base de données pour faciliter leur mise en relation avec les agriculteurs, les industriels, les pôles de compétitivité, les chercheurs, les financiers… et contribuer à la performance collaborative de toutes les parties prenantes.
  • Un « hub agri » qui prendrait la forme d’un groupe de travail pérenne ayant pour objectif d’accélérer le partage et la diffusion des idées et des connaissances émanant des différents acteurs de la filière en matière d’agriculture ou de transformation des produits. L’idée est de bénéficier d’une vision transversale sur les sujets décrits précédemment et éviter, autant que faire se peut, de travailler de manière cloisonnée.

J’espère que ces deux projets aboutiront et que l’organisation de l’événement donnera suite au plus vite. 

Comment les entreprises de la protection des plantes contribuent-elle à faire émerger ce type de solutions ?

SD : La filière de la protection des plantes a toute sa place dans ce projet. Nous aidons les agriculteurs dans leur vocation à nourrir l’humanité, à soigner leurs cultures et gérer les territoires ruraux, le tout dans un cadre économique performant. L’agriculture est le point de rencontre entre l’agroalimentaire et nos entreprises. C’est là où réside notre légitimité à contribuer à ce type de discussions et de projets. Au sein de l’UIPP, ces démarches ne sont pas nouvelles. Nous travaillons aux côtés de partenaires agricoles sur ces sujets depuis un certain nombre de temps. Mais ce projet est une suite logique qui va bien au-delà des sujets agricoles. Il dépasse la phase amont pour se rapprocher de l’agroalimentaire, et in fine du consommateur.

CZ : Open agrifood est l’occasion pour la filière d’incarner une agriculture ancrée dans la société actuelle, une agriculture qui évolue avec son temps. Il s’agit également d’un rendez-vous important pour présenter la place et le rôle qu’occupe la filière de la protection des plantes. Nos entreprises sont pourvoyeuses de progrès, d’innovation et de compétitivité, des éléments indispensables pour répondre pleinement aux nouveaux enjeux alimentaires. Aujourd’hui, l’agriculture se doit d’être ambitieuse pour préserver notre indépendance alimentaire de façon durable. Elle doit à la fois assurer un aménagement équilibré du territoire, préserver les ressources naturelles et proposer des produits de qualité. Tous ces enjeux concernent directement l’UIPP et ses entreprises adhérentes qui mettent l’ensemble de leurs démarches de progrès et d’innovation au bénéfice des utilisateurs comme du consommateur final.

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