UIPP - Union des Industries de la Protection des Plantes

SDHI : les parlementaires de l’OPECST confirment l’absence d’alerte sanitaire

29 juin 2020

Le 23 janvier dernier, les sénateurs et députés membres de l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) avaient pris l’initiative de consacrer une audition complète à la question des fongicides SDHI suite à l’alerte lancée par les chercheurs Pierre Rustin et Paule Bénit. Avaient donc été auditionnés, Francelyne Marano, professeur émérite de biologie cellulaire et de toxicologie à l’université Paris-Diderot, membre du Haut Conseil de la santé publique ; les chercheurs Pierre Rustin et Paule Bénit ainsi que Roger Genet, directeur général de l’Anses et plusieurs membres de son équipe.

Les conclusions de cette audition et des débats internes à l’OPECST, rendues publiques le 28 juin, sont les suivantes : « Les travaux du groupe de chercheurs soulèvent des points intéressants, dont certains nécessitent d’être validés et approfondis. Ils ne semblent toutefois pas suffisants pour légitimer une alerte sanitaire à la hauteur des craintes exprimées par voie de presse ».

Pierre Rustin et Paule Bénit ont développé au cours de cette audition leur thèse selon laquelle les résultats de leurs recherches in vitro pourraient être extrapolés in vivo. Le rapport de l’OPECST mentionne à ce sujet :

« Une extrapolation de ces résultats à l’exposition réelle d’un organisme entier est actuellement impossible et nécessiterait à tout le moins de plus amples investigations. En effet, on ne peut pas assimiler des résultats obtenus dans le cadre d’une recherche fondamentale, in vitro, et le résultat de tests toxicologiques effectués dans le but d’évaluer le risque associé à des substances. Ces derniers, réalisés dans des conditions réglementées sous l’égide de la Commission européenne et de l’OCDE, étudient notamment la toxicité des substances de manière intégrée, sur organisme entier (rat) et ce, tout au long de sa durée de vie. L’appréciation du risque est conduite de manière à ce que les conditions réelles d’exposition soient simulées et examine plusieurs paramètres, tels que la cinétique d’absorption ou d’élimination de la substance. »

Suivant les recommandations déjà exprimées par l’Anses et le gouvernement à plusieurs reprises, l’OPECST recommande donc la poursuite des recherches.