UIPP - Union des Industries de la Protection des Plantes

SDHI, une des familles de fongicides mises à disposition des agriculteurs

Les SDHI (Succinate DesHydrogenase Inhibitors) constituent l’une des familles de fongicides mises à disposition des agriculteurs pour lutter contre les maladies fongiques. Ils ont pour mode d’action commun de bloquer la Succinate Déshydrogénase (SDH). Cet enzyme joue un rôle clef dans la chaîne respiratoire des cellules des champignons.

Ces fongicides peuvent servir à préserver les récoltes :  

  • En phase de culture,
  • En phase de conservation (fruits et légumes).

Des solutions utilisées avec parcimonie

Les fongicides SDHI font partie des quelques solutions disponibles pour lutter contre les champignons nuisibles qui attaquent les récoltes. Ces derniers peuvent causer l’apparition de mycotoxines dangereuses pour la santé humaine, en particulier pour les populations sensibles (nourrissons, femmes enceintes, personnes âgées). Les SDHI constituent ainsi l’un des outils à disposition des agriculteurs, avec d’autres méthodes, comme le biocontrôle.

De fait, les fongicides SDHI ne représentent actuellement que 2% des tonnages de fongicides vendus en France selon les derniers chiffres de 2018 [1]. Depuis 2013, ces chiffres sont stables. Chaque application représente seulement une centaine de grammes par hectare (1ha = 10 000 m2).

Employées depuis les années 1960

Les SDHI sont utilisés depuis les années 60. Aucune alerte sanitaire n’a été soulevée sur leur utilisation que cela soit sur les êtres vivants les plus exposés (insectes, vers de terre, etc.), les agriculteurs ou encore les consommateurs de denrées alimentaires.

Une exposition faible

Selon l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), l’exposition des consommateurs aux SDHI est très faible. Lorsqu’une exposition est relevée, les niveaux observés ne permettent pas d’établir de quelconques effets sur la santé humaine. 

« Le niveau des expositions alimentaires totales rapportées aux seuils toxicologiques actuellement établis est faible et les dépassements de LMR* pour ces substances actives sont exceptionnels ». De plus, « le métabolisme de ces substances est important et leur élimination est rapide ».[2]

Des données rassurantes

Comme pour l’ensemble des produits conçus et commercialisés par ses entreprises membres, l’UIPP se soumet bien évidemment aux autorités sanitaires françaises qui s’expriment à travers l’ANSES, instance indépendante chargée de délivrer les autorisations de mises sur le marché de produits phytosanitaires. Celle-ci, a exprimé de façon très claire des avis rassurants sur les SDHI à trois reprises en 2019. Les experts qui ont été mobilisés « ont conclu à l’absence de signal d’alerte, que ce soit dans l’environnement ou pour la santé humaine. » 

• Avis du 14 janvier 2019 : « au vu des conclusions du GECU [groupe d'expertise collective d'urgence], l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail considère que les informations et hypothèses scientifiques apportées par les lanceurs de l'alerte n’apportent pas d’éléments en faveur de l’existence d’une alerte sanitaire qui conduirait au retrait des autorisations de mise sur le marché actuellement en vigueur »[3]

• Avis confirmé le 25 juillet 2019 : « La famille des SDHI comprend 11 substances fongicides qui agissent en empêchant le développement de champignons et moisissures affectant les cultures […]. L’examen exhaustif des données scientifiques disponibles mené par le groupe d’experts réuni par l’Anses n’a pas apporté d’éléments confirmant ce signal. » [4]

• Avis reconfirmé par Gérard Lasfargues, directeur général délégué du pôle sciences pour l’expertise de l’Anses le 11 septembre 2019 : « À ce stade, sur la base des données scientifiques disponibles, les experts ont conclu à l’absence de signal d’alerte, que ce soit dans l’environnement ou pour la santé humaine. […][5].

• Point sur les SDHI le 8 novembre 2019 : « L’Anses rappelle que suite au signalement d’un collectif de scientifiques, elle avait réuni un groupe d’experts scientifiques indépendants et conclu le 14 janvier dernier à l’absence d’alerte sanitaire pouvant conduire au retrait des autorisations de mise sur le marché des fongicides SDHI. »[6]

• Communiqué du 21 janvier 2020 : « À ce jour, aucun nouvel élément n’est venu confirmer l’existence d’une alerte sanitaire qui conduirait au retrait des autorisations de mise sur le marché en vigueur, conformément aux règlements nationaux et européens relatifs aux produits phytopharmaceutiques.» [7]

• Avis reconfirmé par Roger Genet, directeur général de l’ANSES, lors d’une audition par les parlementaires membres de l’OPECST [8] le 23 janvier 2020 : « En France ou ailleurs, aucun élément n’est venu confirmer l’existence d’une alerte sanitaire qui pourrait nous conduire au retrait des autorisations de mise sur le marché des produits qui contiennent ces substances actives et qui sont actuellement en vigueur. »

Les SDHI utiles aux agriculteurs

Dans le contexte de changement climatique, les SDHI sont l’un des outils disponibles pour éviter la prolifération des champignons nuisibles dans les cultures.
Les champignons s’attaquent aux récoltes et favorisent notamment l’apparition de toxines naturelles (mycotoxines) dont le danger est avéré pour la santé humaine. Ce qui est en jeu, c’est notre capacité à nourrir aujourd’hui et demain l’humanité avec une alimentation à la qualité sanitaire irréprochable et à un prix abordable pour tous. En France, l’ensemble des maladies sur céréales causent en moyenne 24% de pertes sur les récoltes, d’où l’intérêt des fongicides, comme ceux de la famille des SDHI.

Fongicides SDHI : peut-on invoquer le principe de précaution et en contester ensuite le résultat ?

Définition : « Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veilleront, par application du principe de précaution, et dans leurs domaines d'attribution, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. ».

Face à un doute potentiel, cette définition du principe de précaution, issue de la Charte de l’environnement, elle-même inscrite dans notre constitution, indique la nécessité d’évaluer le risque de façon la plus objective et dépassionnée possible. C’est pourquoi, en invoquant le principe de précaution à tout-va, le risque est grand de le dévoyer car il est trop souvent utilisé comme un principe d’interdiction ou de sanction.

Un groupe de scientifiques a lancé en 2018 une alerte sur le risque supposé des solutions SDHI pour l’Homme et l’environnement. Conformément au principe de précaution et à sa règle de proportionnalité, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a été mobilisée. Ses travaux ont débouché sur la publication d’un avis rassurant en janvier 2019, confirmé depuis à de multiples reprises. Des études plus poussées se poursuivent par ailleurs dans un esprit de responsabilité et d’indépendance.

Les premières conclusions des travaux de l’Anses n’étant pas satisfaisantes aux yeux de ce groupe de scientifiques, ces derniers poursuivent leurs actions de communication en réclamant l’application d’un principe d’interdiction. Cette interprétation abusive fait peser une lourde menacesur le principe de précaution ! Nul ne peut invoquer le principe de précaution et en contester ensuite le résultat, comme dans le cas des fongicides SDHI !

* Limite Maximale de Résidus

[1] Source : UIPP

[2] Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à « l’évaluation du signal concernant la toxicité des fongicides inhibiteurs de la succinate deshydrogénase (SDHI) » - Saisine n° 2018-SA-0113 - 15 janvier 2019 : https://www.anses.fr/fr/system/files/PHYTO2018SA0113Ra.pdf     

[3] Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à « l’évaluation du signal concernant la toxicité des fongicides inhibiteurs de la succinate deshydrogénase (SDHI) » - Saisine n° 2018-SA-0113 - 15 janvier 2019 : https://www.anses.fr/fr/system/files/PHYTO2018SA0113Ra.pdf

[4] https://www.anses.fr/fr/content/fongicides-sdhi

[5] https://campagnesetenvironnement.fr/fongicides-sdhi-entretien-avec-gerard-lasfargues-directeur-general-delegue-du-pole-sciences-pour-lexpertise-de-lanses/

[6] https://www.anses.fr/fr/system/files/PRES2019CPA18.pdf

[7] Note aux rédactions, Point sur les SDHI, 8 novembre 2019  https://www.anses.fr/fr/content/fongicides-sdhi

[8] Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST)

[9] http://videos.senat.fr/video.1494201_5e2788cf925bd.audition-pleniere---fongicides-sdhi

  • Lettre ouverte du 22 janvier 2020

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  • Communiqué de presse du 21 janvier 2020

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